Pourquoi l’huile de figue de Barbarie est-elle si chère ? Bien la choisir
Il faut entre 800 kg et une tonne de figues, soit environ 25 à 30 kg de graines, pour presser un litre d’huile : c’est l’une des huiles végétales les plus coûteuses à produire. Relevés en octobre 2026, les prix des huiles pures et bio allaient d’environ 830 à 1 500 € le litre. Voici d’où vient ce prix, et comment éviter une huile coupée ou mal conservée.
Mis à jour le 22 octobre 2026 · Rédaction BIYO
Un rendement minuscule, de la figue au flacon
L’huile de figue de Barbarie ne vient pas de la pulpe du fruit, mais de ses graines. Or ces graines sont petites, dures, et contiennent peu d’huile. C’est pourquoi elle est surtout vendue en cosmétique, à un prix élevé qui reflète un procédé décrit comme « long et laborieux » par les chercheurs [3][5].
Combien de figues pour un litre d’huile ?
Les ordres de grandeur publiés sont les suivants :
- une figue contient deux à trois cents graines (de 203 à 273 en moyenne selon les variétés) [2] ;
- les graines ne représentent qu’environ 2 à 12 % du poids du fruit [1] ;
- l’huile ne représente que 7 à 15 % du poids des graines [2] ;
- en pratique, la pression à froid n’extrait qu’une partie de cette huile : les rendements mesurés sont nettement inférieurs à la teneur théorique [3].
Résultat : il faut entre 800 kg et une tonne de figues, soit environ 25 à 30 kg de graines séchées, pour presser environ un litre d’huile [1]. Ce chiffre repose sur des estimations reprises dans la littérature scientifique ; il faut le lire comme un ordre de grandeur, pas comme une mesure exacte.
Une récolte et un tri à la main
Le fruit du figuier de Barbarie est couvert de glochides, de minuscules épines qui se détachent au moindre contact. Les étapes décrites dans les travaux sur l’huile tunisienne sont nombreuses : lavage, épluchage manuel, séparation des graines, nouveau lavage, séchage à l’air libre, pression à froid, filtration [4]. Chez nous, les figues sont cueillies le matin, à la main ; les graines sèchent ensuite au soleil avant un tri manuel : vous pouvez suivre chaque geste dans notre savoir-faire.
2026 : une récolte tunisienne très réduite
Selon La Presse de Tunisie, la production du bassin de Zelfane (Thala, Foussana, El Ayoun, gouvernorat de Kasserine) serait passée d’environ 250 000 tonnes à près de 100 000 tonnes cette année, soit une baisse d’environ 60 %, à cause d’une cochenille [12]. Ce bassin représente près de la moitié de la production nationale.
Pression à froid ou extraction au solvant
La plupart des études scientifiques extraient l’huile de figue de Barbarie au solvant (hexane), qui donne un meilleur rendement que la presse [3]. Pour la cosmétique, ce sont toutefois la pression à froid et l’extraction au CO₂ supercritique qui sont préférées [1].
Ce que signifient les mentions courantes :
- « Pressée à froid » : les graines sont écrasées mécaniquement, sans chauffage. C’est la mention la plus utile à chercher, avec « sans solvant ».
- « Vierge » : l’huile n’a été ni raffinée ni désodorisée. Elle garde sa couleur et son odeur naturelles, discrètes.
- « Première pression à froid » : une formule surtout commerciale. Ce qui compte vraiment, c’est l’absence de chaleur et de solvant.
Méfiez-vous aussi des graines torréfiées : la torréfaction modifie fortement l’odeur de l’huile, avec des notes de « pomme de terre cuite », de « fumée » ou de « café » [5]. Une huile vierge destinée à la peau sent peu, avec une note végétale ou légèrement fruitée [4][5].
Bio : quels labels regarder ?
Selon la DGCCRF, un cosmétique ne peut être qualifié de « biologique » que si 100 % de ses ingrédients le sont ; sinon, l’étiquette doit indiquer le pourcentage d’ingrédients bio. Ces ingrédients doivent être certifiés selon la réglementation biologique européenne par un organisme agréé [9]. Le produit peut afficher les logos des labels privés qui l’ont certifié et, en regard des ingrédients certifiés, les logos officiels comme l’Eurofeuille européenne [9].
Parmi les labels privés, le référentiel international COSMOS a été fondé par BDIH, Cosmébio, Ecocert, ICEA et Soil Association. Il distingue les signatures COSMOS ORGANIC et COSMOS NATURAL pour les produits finis, et COSMOS CERTIFIED pour les matières premières contenant des ingrédients bio [10].
Pour une huile pure, à ingrédient unique, la règle est simple : c’est l’huile elle-même qui doit être certifiée. Un logo seul ne suffit pas ; le nom de l’organisme certificateur doit pouvoir être communiqué.
Combien coûte une huile pure ? Les prix au litre
Pour comparer, ramenez toujours le prix au litre : les flacons vont de 15 à 30 mL, et un petit format paraît moins cher alors qu’il l’est souvent davantage.
| Repère | Prix | Prix au litre |
|---|---|---|
| Huile en vrac (matière première) | — | environ 600 €/L [7] |
| Huiles bio pures au détail, 15 à 30 mL (relevés en octobre 2026) | environ 25 à 45 € les 30 mL | environ 830 à 1 500 €/L |
| BIYO, flacon compte-gouttes 30 mL | 36,90 € | ≈ 1 230 €/L |
| BIYO, roll-on 15 mL | 22,90 € | ≈ 1 530 €/L |
| BIYO, Duo (45 mL) | 52,90 € | ≈ 1 180 €/L |
Par souci de transparence : notre flacon de 30 mL se situe dans la fourchette observée. Le roll-on, plus petit, revient un peu plus cher au litre, car il inclut une bille en acier inoxydable et un format nomade. Vous retrouvez le détail de chaque contenance dans nos flacons.
À retenir : avec une matière première autour de 600 €/L, l’huile contenue dans un flacon de 30 mL représente déjà à elle seule environ 18 € (0,03 L × 600 €). Une « huile pure » de 30 mL vendue nettement en dessous mérite d’être examinée de près.
Huile coupée ou de mauvaise qualité : les signaux d’alerte
Un prix trop bas
C’est le premier indice, pour la raison de coût expliquée ci-dessus. Il ne prouve rien à lui seul, mais il invite à lire l’étiquette avec attention.
Une liste INCI à plus d’un ingrédient
Une huile pure n’affiche qu’un seul ingrédient : Opuntia Ficus-Indica Seed Oil. Toute autre huile, un parfum ou un conservateur signale un mélange. Le coupage à l’huile de tournesol raffinée est le scénario de fraude jugé le plus probable par les chercheurs : même aspect, profil d’acides gras proche [7]. Un tableau d’acides gras « conforme » sur une fiche produit ne prouve donc rien ; seules des analyses plus poussées (stérols, tocophérols, analyse statistique) permettent de détecter un coupage, dès environ 1 % [3][7].
« Huile de fleurs » ou « huile de figue » sans « graines »
Certains produits vendus comme « huile de fleurs de figuier de Barbarie » sont des macérats : des fleurs mises à infuser dans une autre huile. Ce n’est pas l’huile de pépins. Vérifiez la mention « Seed Oil » dans l’INCI.
Une couleur ou une odeur inhabituelle
Une huile vierge est jaune-vert et légèrement fruitée [4]. Une odeur forte de grillé suggère des graines torréfiées [5] ; une odeur de rance, une huile oxydée.
Un flacon transparent
Riche en acides gras polyinsaturés, l’huile de figue de Barbarie est fragile face à l’oxydation [6]. Un flacon transparent exposé à la lumière, en vitrine ou au soleil, ne la protège pas. Préférez le verre teinté.
Les 7 points à vérifier avant d’acheter
- Le prix au litre : en octobre 2026, les huiles bio pures se situaient autour de 830 à 1 500 €/L.
- L’INCI : un seul ingrédient, Opuntia Ficus-Indica Seed Oil.
- Le mode d’obtention : « pressée à froid », « sans solvant », graines non torréfiées.
- La certification bio : un label identifiable et un organisme certificateur nommé.
- Le flacon : verre teinté, bien fermé, en petite contenance.
- La traçabilité : pays d’origine et numéro de lot indiqués.
- L’odeur et la couleur à l’ouverture : discrètes, jaune-vert, sans note de grillé ni de rance.
Tunisie, Maroc, Sicile, Mexique : l’origine compte-t-elle ?
- Mexique : c’est le berceau de l’espèce. Elle est arrivée en Méditerranée avant 1552, date du premier écrit qui la mentionne en Espagne [2].
- Tunisie : le pays compte environ 600 000 hectares de figuiers de Barbarie, surtout plantés comme fourrage [2]. Il s’est doté en 2021 d’une norme nationale dédiée à cette huile, la NT 118.152, publiée par l’INNORPI [11].
- Maroc : la région de Guelmim–Sidi Ifni concentre plus de la moitié des surfaces nationales [2], et l’huile y est souvent produite par de petites coopératives [5].
- Sicile : l’huile sicilienne présente un profil d’acides gras proche de celui de l’huile tunisienne, différent de ceux d’Algérie et du Maroc [8].
L’origine modifie légèrement la composition en acides gras, et plus nettement la teneur en tocophérols (vitamine E) [6]. Mais aucune origine n’est « meilleure » par principe : la qualité dépend surtout du tri, de la pression et de la conservation. Pour la composition détaillée, voyez notre guide sur les bienfaits de l’huile de figue de Barbarie.
Bien la conserver
Une huile chère mérite d’être bien conservée :
- à l’abri de la lumière et de la chaleur, dans son flacon en verre teinté ;
- flacon bien refermé après chaque usage ;
- de préférence utilisée dans les 6 mois qui suivent l’ouverture.
Deux à trois gouttes suffisent pour le visage : un flacon de 30 mL dure ainsi environ trois mois en usage quotidien. Pour la routine, lisez comment utiliser l’huile de figue de Barbarie sur le visage.
Questions fréquentes
Combien de figues faut-il pour un litre d’huile ?
Entre 800 kg et une tonne de figues, soit environ 25 à 30 kg de graines séchées, pour environ un litre d’huile pressée à froid [1]. C’est un ordre de grandeur : le rendement varie selon les fruits et la presse.
Une huile de figue de Barbarie pas chère est-elle forcément fausse ?
Pas forcément, mais un prix très inférieur au coût de la matière première, autour de 600 €/L en vrac [7], doit alerter. Vérifiez l’INCI, la mention « Seed Oil » et la certification.
Pourquoi est-elle plus chère que l’huile d’argan ?
Les deux demandent beaucoup de travail, mais pas la même quantité de fruits : il faut environ 50 kg de fruits d’arganier pour un litre d’huile d’argan [13], contre 800 kg à une tonne de figues pour un litre d’huile de figue de Barbarie [1]. Pour choisir entre les deux selon votre peau, voyez notre comparatif huile de figue de Barbarie ou argan.
Huile de figue de Barbarie de Tunisie ou du Maroc : laquelle choisir ?
Aucune origine n’est « meilleure » par principe. L’origine fait légèrement varier la composition [6], mais ce sont la pression à froid, la certification et la conservation qui font la différence au moment d’acheter.
Sources
- Cheikhyoussef N., Cheikhyoussef A., Ramadan M.F., Hussein A.A. (2021). Opuntia spp. seed oil. In Ramadan M.F. et al. (eds.), Opuntia spp.: Chemistry, Bioactivity and Industrial Applications, Springer, pp. 635–656. doi.org/10.1007/978-3-030-78444-7_33
- Inglese P., Mondragón C., Nefzaoui A., Sáenz C. (eds.) (2017). Crop ecology, cultivation and uses of cactus pear. FAO & ICARDA, Rome. ISBN 978-92-5-109860-8. www.fao.org/3/i7628en/i7628en.pdf
- Al-Naqeb G., Fiori L., Ciolli M., Aprea E. (2021). Prickly pear seed oil extraction, chemical characterization and potential health benefits. Molecules, 26(16), 5018. doi.org/10.3390/molecules26165018
- Khémiri I., Bitri L. (2019). Effectiveness of Opuntia ficus indica L. inermis seed oil in the protection and the healing of experimentally induced gastric mucosa ulcer. Oxidative Medicine and Cellular Longevity, 2019, 1568720 (cité ici uniquement pour la préparation et la description de l’huile). doi.org/10.1155/2019/1568720
- Nounah I., Chbani M., Matthäus B., Charrouf Z., Hajib A., Willenberg I. (2020). Profile of volatile aroma-active compounds of cactus seed oil (Opuntia ficus-indica) from different locations in Morocco and their fate during seed roasting. Foods, 9(9), 1280. doi.org/10.3390/foods9091280
- Nounah I., El Harkaoui S., Hajib A., Gharby S., Harhar H., Bouyahya A., Caprioli G., Maggi F., Matthäus B. et al. (2024). Effect of seed’s geographical origin on cactus oil physico-chemical characteristics, oxidative stability, and antioxidant activity. Food Chemistry: X, 22, 101445. doi.org/10.1016/j.fochx.2024.101445
- El Harkaoui S., Ortiz Cruz C., Roggenland A., Schneider M., Rohn S., Drusch S., Matthäus B. (2025). Adulteration detection in cactus seed oil: integrating analytical chemistry and machine learning approaches. Current Research in Food Science, 10, 100986. doi.org/10.1016/j.crfs.2025.100986
- Ciriminna R., Bongiorno D., Scurria A., Danzì C., Timpanaro G., Delisi R., Avellone G., Pagliaro M. (2017). Sicilian Opuntia ficus-indica seed oil: fatty acid composition and bio-economical aspects. European Journal of Lipid Science and Technology, 119, 1700232. doi.org/10.1002/ejlt.201700232
- DGCCRF, « Cosmétiques bio et naturel », fiche pratique du 18 février 2021. www.economie.gouv.fr/dgccrf/les-fiches-pratiques/cosmetiques-bio-et-naturel
- COSMOS-standard AISBL, site officiel du référentiel COSMOS. www.cosmos-standard.org/en/
- Industries Cosmétiques (27 août 2021), « La Tunisie publie une norme technique spécifique à l’huile de pépins de figue de Barbarie » (NT 118.152, INNORPI). www.industries-cosmetiques.fr/la-tunisie-publie-une-norme-technique-specifique-a-lhuile-de-pepins-de-figue-de-barbarie/
- La Presse de Tunisie (16 août 2026), « La figue de Barbarie en péril : la production chute de 60 % à cause de la cochenille ». www.lapresse.tn/2026/08/16/la-figue-de-barbarie-en-peril-la-production-chute-de-60-a-cause-de-la-cochenille/
- Gharby S., Charrouf Z. (2022). Argan oil: chemical composition, extraction process, and quality control. Frontiers in Nutrition, 8, 804587. doi.org/10.3389/fnut.2021.804587
Produit cosmétique : ces informations ne remplacent pas l’avis d’un professionnel de santé.