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Huile de figue de Barbarie : bienfaits et composition, ce que dit la science

L’huile de figue de Barbarie est une huile sèche, dominée par l’acide linoléique (un oméga 6) et riche en vitamine E. Elle nourrit la peau et laisse un toucher net, sans film gras. Voici ce que contient vraiment une goutte, ce que l’on peut en attendre, et ce que la science ne permet pas encore d’affirmer.

Mis à jour le 22 octobre 2026 · Rédaction BIYO

Ses bienfaits tiennent d’abord à sa composition : environ 60 % d’acide linoléique, un acide gras que la peau utilise mais ne sait pas fabriquer, de la vitamine E qui protège l’huile de l’oxydation, et des phytostérols. Le résultat est une huile fluide, qui nourrit la peau et pénètre vite. Cette page détaille chaque composant, chiffres à l’appui, puis fait le tri entre ce qui est établi et ce qui relève de la promesse commerciale.

D’où vient l’huile de figue de Barbarie ?

Le figuier de Barbarie (Opuntia ficus-indica) est un cactus cultivé tout autour de la Méditerranée. On l’appelle parfois huile de cactus ou huile d’opuntia, mais son nom exact est huile de pépins de figue de Barbarie : elle est extraite des seules graines du fruit, jamais de la pulpe. Sur les étiquettes, son nom INCI est Opuntia Ficus-Indica Seed Oil.

Chaque figue renferme en moyenne 200 à 270 graines, petites et très dures [1]. Elles ne contiennent que 7 à 15 % d’huile [1]. Pour presser environ un litre d’huile, il faut entre 800 kg et une tonne de figues, soit 25 à 30 kg de graines [2]. C’est ce rendement modeste qui explique son prix, détaillé dans notre guide prix et critères pour bien choisir.

Composition : ce que contient une goutte

Les chiffres ci-dessous proviennent d’une huile vierge pressée à froid à Zelfen, dans le gouvernorat de Kasserine, en Tunisie, analysée par des chercheurs tunisiens [3]. Ils servent de référence, mais la composition varie d’une récolte et d’un terroir à l’autre.

Les acides gras : une huile dominée par l’oméga 6

Acide grasFamillePart dans l’huile
Acide linoléiqueOméga 6 (polyinsaturé)61,6 %
Acide oléiqueOméga 9 (monoinsaturé)21,2 %
Acide palmitiqueSaturé12,2 %
Acide stéariqueSaturé3,3 %

Au total, près de 84 % des acides gras de cette huile sont insaturés [3]. Selon l’origine, la part d’acide linoléique se situe le plus souvent entre 55 et 65 % : de 60,2 à 64,6 % au Maroc, de 57,7 à 63,1 % en Espagne, 58 % en Sicile [4]. Retenez « environ 60 % » : c’est ce profil, riche en linoléique et plus modeste en oléique, qui lui donne sa légèreté. C’est aussi ce qui la distingue le plus de l’argan, comme l’explique notre comparatif figue de Barbarie ou argan.

La vitamine E, surtout sous forme γ

L’huile de Zelfen contient 863 mg de tocophérols (la vitamine E) par kilo, dont 92 % sous forme β et γ réunies : la méthode d’analyse utilisée ne sépare pas ces deux formes [3]. D’autres analyses le précisent. Dans une autre huile tunisienne, le γ-tocophérol représente 94 % du total [4]. Sur six terroirs marocains, il représente 445 à 655 mg/kg sur un total de 500 à 688 mg/kg [5].

La teneur varie fortement : d’environ 450 à environ 860 mg/kg dans les études citées [3][4][5]. Elle est donc riche en vitamine E, mais pas « la plus riche » : l’huile d’argan en contient 600 à 900 mg/kg, elle aussi surtout sous forme γ [6].

Les phytostérols, menés par le β-sitostérol

Les stérols végétaux sont une autre signature de cette huile. Le β-sitostérol en représente 81 %, suivi du campestérol (11 %) [3]. Selon les études, sa part varie de 72 à 83 % [4]. Sur six terroirs marocains, la teneur totale en stérols atteint 8 000 à 11 100 mg/kg d’huile [5]. Ce profil est si caractéristique qu’il sert d’empreinte pour vérifier l’authenticité d’une huile [4].

Ce qu’elle ne contient pas, ou pas de façon établie

Deux ingrédients reviennent souvent dans les descriptions commerciales, à tort ou sans preuve.

  • Les bétalaïnes sont les pigments rouges et jaunes du fruit et des fleurs [1]. Les revues consacrées à l’huile de pépins ne les citent pas parmi ses constituants [2][4].
  • Le squalène n’a été signalé que dans des huiles d’autres espèces d’Opuntia, au Mexique [2]. Aucune valeur de référence n’existe pour Opuntia ficus-indica.

Sa couleur jaune-vert vient d’autres pigments, mesurés dans l’huile de Zelfen : des caroténoïdes (10,5 mg/kg) et de la chlorophylle (4,6 mg/kg) [3].

Pour voir ces chiffres en image, découvrez la composition de notre huile.

Les bienfaits de l’huile de figue de Barbarie pour la peau

Ce qui suit relève de la science cosmétique générale, appliquée aux composants de l’huile. C’est un raisonnement fondé sur sa composition, pas le résultat d’essais sur l’huile de figue de Barbarie elle-même.

L’acide linoléique, un lipide familier de la peau. C’est l’acide gras polyinsaturé le plus abondant de la couche cornée, la couche superficielle de la peau. Les cellules de l’épiderme ne savent pas le fabriquer [7]. Il entre dans la composition de lipides (les acylcéramides) indispensables à la barrière qui limite la perte d’eau [7].

Un équilibre linoléique / oléique qui compte. À l’état libre, l’acide oléique peut au contraire perturber cette barrière [7]. Un essai sur 19 adultes l’illustre : appliquée pendant quatre semaines, l’huile d’olive, riche en oléique, a réduit l’intégrité de la couche cornée et provoqué une légère rougeur. L’huile de tournesol, riche en linoléique, l’a préservée [8]. Ces résultats ne portent pas sur la figue de Barbarie. Ils expliquent toutefois pourquoi les huiles dominées par le linoléique ont la faveur des soins du visage.

La vitamine E protège d’abord l’huile. Les tocophérols ralentissent l’oxydation de l’huile : plus elle en contient, plus elle reste stable longtemps [5]. C’est un vrai atout pour une huile aussi riche en acides gras insaturés.

Les phytostérols, un intérêt encore à démontrer. Ils sont décrits comme bioactifs, mais aucune étude ne montre d’effet propre aux stérols de cette huile sur la peau.

En pratique, appliquée sur une peau propre, l’huile nourrit la peau, aide à la protéger du dessèchement et la laisse souple et confortable.

Texture, toucher sec et comédogénicité

Les chercheurs décrivent l’huile de Zelfen comme « jaune verdâtre », d’odeur « légèrement fruitée », et la classent parmi les huiles sèches [3]. Sur la peau, elle est fluide et pénètre vite, sans laisser de film gras. Elle convient ainsi aux peaux mixtes, qui fuient les textures lourdes.

Vous lirez souvent qu’elle est « non comédogène », avec une note de 0 ou 1 sur 5. Ces notes circulent sur des sites marchands, sans méthode publiée : aucun test de comédogénicité n’a été trouvé pour cette huile. Nous préférons donc parler de texture légère plutôt que d’affirmer ce qui n’a pas été mesuré.

Usages : visage, contour des yeux, ongles et cheveux

Ces usages sont cosmétiques et traditionnels. Ils n’ont pas été étudiés cliniquement, mais ce sont ceux pour lesquels l’huile est surtout commercialisée [4].

  • Visage, cou et décolleté : deux à trois gouttes, de préférence le soir, sur une peau propre. Notre guide routine visage avec l’huile de figue de Barbarie détaille le geste et le dosage.
  • Contour des yeux : un format roll-on dépose une fine couche sur l’os orbital, sans tirer la peau. Évitez le contact direct avec l’œil.
  • Lèvres, ongles et cuticules : une touche sur les zones sèches, à masser quelques secondes.
  • Cheveux : en soin de finition sur les pointes sèches, en très petite quantité. Aucune étude n’existe sur cet usage.

Ce que la science ne dit pas (encore)

C’est la partie que l’on lit rarement, et pourtant la plus utile pour se faire un avis.

Aucun essai clinique sur la peau

Aucun essai clinique chez l’humain n’a été trouvé sur l’huile de pépins de figue de Barbarie appliquée seule sur la peau : ni sur l’hydratation, ni sur les rides, ni sur la perte d’eau. La revue de référence sur le sujet le reconnaît : les études qui démontrent son intérêt cosmétique « sont très limitées » [4].

Les travaux existants sont de trois ordres :

  • des analyses de composition, nombreuses et solides [3][4][5] ;
  • des études chez l’animal, par exemple sur des lésions cutanées expérimentales chez le rat [9] ;
  • des études in vitro, sur des cellules cultivées en laboratoire [4].

Les deux dernières catégories ne permettent aucune conclusion sur l’effet d’un soin appliqué sur votre visage. La réglementation européenne va dans le même sens : une allégation cosmétique doit reposer sur des preuves portant sur le produit et sur le bénéfice annoncé, et l’on ne peut pas prêter à un produit les propriétés d’un ingrédient s’il ne les possède pas [10].

Ce que l’on sait avec certitude, c’est la composition de l’huile. Ce que l’on en déduit pour la peau reste un raisonnement, pas une preuve clinique.

Deux idées reçues

  • « Une huile anti-âge miracle. » Aucun essai humain ne le montre. Elle a toute sa place dans le soin quotidien des peaux matures, pour nourrir et assouplir, sans promesse au-delà.
  • « L’huile la plus chère du monde. » Le superlatif est invérifiable, et l’huile d’argan a elle aussi été présentée ainsi [6]. Il est plus juste de dire qu’elle compte parmi les huiles végétales les plus coûteuses à produire.

L’huile BIYO

Notre huile est une huile vierge de pépins de figue de Barbarie, issue de l’agriculture biologique, pressée à froid en Tunisie, dans la région de Kasserine. Un seul ingrédient, sans parfum ni conservateur. Elle existe en roll-on de 15 mL et en flacon compte-gouttes de 30 mL.

Questions fréquentes

Quelle est la composition de l’huile de figue de Barbarie ?

Environ 60 % d’acide linoléique (61,6 % dans l’huile de référence de Kasserine), 21 % d’acide oléique et environ 15 % d’acides gras saturés. Elle contient aussi de la vitamine E, surtout sous forme γ, et des phytostérols dominés par le β-sitostérol [3][4].

L’huile de figue de Barbarie est-elle riche en vitamine E ?

Oui : 863 mg/kg dans l’huile de référence [3], avec de fortes variations selon les récoltes. Elle n’est pas pour autant la plus riche : l’huile d’argan affiche des teneurs comparables [6].

Est-elle comédogène ?

Aucun test publié ne permet de le dire, dans un sens comme dans l’autre. Les notes de comédogénicité qui circulent n’ont pas de source. Sa texture fluide et son toucher sec la rendent agréable sur les peaux mixtes.

Son efficacité est-elle prouvée ?

Sa composition est bien documentée. En revanche, aucun essai clinique sur la peau humaine n’a été mené avec cette huile seule [4]. Méfiez-vous des promesses « cliniquement prouvées ».

Peut-on l’utiliser sur les cheveux ?

Oui, en très petite quantité sur les pointes sèches, comme soin de finition. Aucune étude ne porte sur cet usage.

Sources

  1. Inglese P., Mondragón C., Nefzaoui A., Sáenz C. (eds.) (2017). Crop ecology, cultivation and uses of cactus pear. FAO & ICARDA, Rome. www.fao.org/3/i7628en/i7628en.pdf
  2. Cheikhyoussef N., Cheikhyoussef A., Ramadan M.F., Hussein A.A. (2021). Opuntia spp. seed oil. In Ramadan M.F. et al. (eds.), Opuntia spp.: Chemistry, Bioactivity and Industrial Applications. Springer, pp. 635–656. doi.org/10.1007/978-3-030-78444-7_33
  3. Khémiri I., Bitri L. (2019). Effectiveness of Opuntia ficus indica L. inermis seed oil in the protection and the healing of experimentally induced gastric mucosa ulcer. Oxidative Medicine and Cellular Longevity, 2019, 1568720. Cité uniquement pour la composition de l’huile. doi.org/10.1155/2019/1568720
  4. Al-Naqeb G., Fiori L., Ciolli M., Aprea E. (2021). Prickly pear seed oil extraction, chemical characterization and potential health benefits. Molecules, 26(16), 5018. doi.org/10.3390/molecules26165018
  5. Nounah I., El Harkaoui S., Hajib A., Gharby S., Harhar H., Bouyahya A., Caprioli G., Maggi F., Matthäus B. et al. (2024). Effect of seed’s geographical origin on cactus oil physico-chemical characteristics, oxidative stability, and antioxidant activity. Food Chemistry: X, 22, 101445. doi.org/10.1016/j.fochx.2024.101445
  6. Gharby S., Charrouf Z. (2022). Argan oil: chemical composition, extraction process, and quality control. Frontiers in Nutrition, 8, 804587. doi.org/10.3389/fnut.2021.804587
  7. Lin T.-K., Zhong L., Santiago J.L. (2017). Anti-inflammatory and skin barrier repair effects of topical application of some plant oils. International Journal of Molecular Sciences, 19(1), 70. doi.org/10.3390/ijms19010070
  8. Danby S.G., AlEnezi T., Sultan A., Lavender T., Chittock J., Brown K., Cork M.J. (2013). Effect of olive and sunflower seed oil on the adult skin barrier: implications for neonatal skin care. Pediatric Dermatology, 30(1), 42–50. doi.org/10.1111/j.1525-1470.2012.01865.x
  9. Khémiri I., Essghaier Hédi B., Sadfi Zouaoui N., Ben Gdara N., Bitri L. (2019). The antimicrobial and wound healing potential of Opuntia ficus indica L. inermis extracted oil from Tunisia. Evidence-Based Complementary and Alternative Medicine, 2019, 9148782. Étude chez l’animal. doi.org/10.1155/2019/9148782
  10. Règlement (UE) n° 655/2013 de la Commission du 10 juillet 2013 établissant les critères communs auxquels les allégations relatives aux produits cosmétiques doivent répondre. JO L 190 du 11.7.2013, p. 31. eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX:32013R0655

Produit cosmétique : ces informations ne remplacent pas l’avis d’un professionnel de santé.

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