Huile de figue de Barbarie ou huile d’argan : laquelle choisir ?
Ce sont deux belles huiles, mais presque inverses : la figue de Barbarie est dominée par l’acide linoléique et laisse un toucher sec, l’argan par l’acide oléique et offre une texture plus enveloppante. La première se réserve plutôt au visage, en quelques gouttes ; la seconde, mieux étudiée et nettement moins chère, se prête aussi au corps et aux cheveux. BIYO ne vend que de l’huile de figue de Barbarie : nous le disons d’emblée, et c’est pourquoi ce comparatif s’en tient aux sources.
Mis à jour le 22 octobre 2026 · Rédaction BIYO
En bref
Les deux huiles sont presque inverses sur leurs deux acides gras majeurs : la figue de Barbarie est dominée par l’acide linoléique (oméga 6), l’argan par l’acide oléique (oméga 9) [1][4]. Pour la vitamine E, en revanche, les teneurs publiées se recoupent. Le choix se fait donc surtout sur la texture, l’usage et le budget.
- Choisissez l’huile de figue de Barbarie si vous voulez une huile fluide, au toucher sec, pour le visage, et si le prix au litre n’est pas un frein.
- Choisissez l’huile d’argan si vous préférez une texture plus enveloppante, si votre peau est plutôt sèche, ou si vous cherchez une huile polyvalente pour le corps et les cheveux à un prix bien plus doux.
- Côté preuves, l’argan a l’avantage : elle a fait l’objet d’essais chez l’humain, ce qui n’est pas encore le cas de la figue de Barbarie.
Composition : deux huiles presque inverses
Pour la figue de Barbarie, la référence est une huile pressée à froid à Zelfen, dans le gouvernorat de Kasserine [1], complétée par les fourchettes observées selon les origines [2][3]. Pour l’argan, ce sont les valeurs de la norme [4]. La composition varie d’une récolte à l’autre.
| Critère | Figue de Barbarie | Argan |
|---|---|---|
| Acide gras majoritaire | linoléique (oméga 6) | oléique (oméga 9) |
| Acide linoléique | 61,6 % [1] ; 55 à 65 % selon les origines [2][3] | 29,3 à 36,0 % [4] |
| Acide oléique | 21,2 % [1] ; 13,5 à 25 % selon les origines [2][3] | 43,0 à 49,1 % [4] |
| Acide palmitique | 12,2 % [1] | 11,5 à 15 % [4] |
| Acide stéarique | 3,3 % [1] | 4,3 à 7,2 % [4] |
| Vitamine E (tocophérols totaux) | environ 450 à 863 mg/kg [1][2][3] | 600 à 900 mg/kg [4] |
| Forme dominante de vitamine E | γ-tocophérol, 90 % et plus [2][3] | γ-tocophérol, 81 à 92 % [4] |
| Stérols totaux | 8 000 à 11 100 mg/kg [3] | jusqu’à 2 200 mg/kg [4] |
| Stérol majoritaire | β-sitostérol, 72 à 83 % [1][2] | schotténol (44 à 49 %) et spinastérol (34 à 44 %) [4] |
| Stabilité à l’oxydation (Rancimat) | 2,2 à 3,9 h à 120 °C [3] | 13 h à 110 °C (grade cosmétique) [4] |
| Essais cutanés chez l’humain | aucun trouvé [2] | oui, quelques-uns [5] |
| Prix de détail bio, relevés en octobre 2026 | environ 830 à 1 500 €/L | environ 140 à 200 €/L |
La composition détaillée de notre huile est présentée sur la page d’accueil.
Acides gras : oméga 6 contre oméga 9
L’huile de figue de Barbarie contient environ 60 % d’acide linoléique, de 55 à 65 % selon les terroirs. Cet acide gras essentiel, que l’organisme ne sait pas fabriquer, est le polyinsaturé le plus abondant de la couche cornée de la peau [5]. L’huile d’argan est dominée par l’acide oléique, entre 43 et 49 %, et contient 29 à 36 % de linoléique [4].
Vitamine E : des teneurs comparables
L’huile de Zelfen contient 863 mg/kg de tocophérols [1], et les études citées vont d’environ 450 à 860 mg/kg [2][3]. L’argan se situe entre 600 et 900 mg/kg [4]. Dans les deux cas, c’est surtout la forme γ qui domine. Les fourchettes se recoupent : aucune des deux n’est nettement plus riche que l’autre. Ces tocophérols protègent d’abord l’huile elle-même de l’oxydation [3].
Stérols : un écart réel, sans conséquence démontrée sur la peau
L’écart est franc : 8 000 à 11 100 mg/kg dans des huiles de figue de Barbarie marocaines [3], contre au plus 2 200 mg/kg pour l’argan [4]. Deux réserves toutefois : une partie des valeurs publiées pour la figue de Barbarie a été mesurée sur des huiles extraites au solvant, et non pressées à froid [2]. Surtout, aucune étude ne montre d’effet de ces stérols sur la peau. Leur profil sert avant tout d’« empreinte » pour vérifier l’authenticité d’une huile [2].
Stabilité : l’argan résiste mieux à l’oxydation
Au test Rancimat, l’huile de figue de Barbarie tient 2,2 à 3,9 heures à 120 °C [3], l’huile d’argan cosmétique 13 heures à 110 °C [4]. Les deux mesures n’ont pas été faites à la même température : la comparaison reste indicative. Elle reste cohérente avec la chimie : plus riche en polyinsaturés, la figue de Barbarie est plus fragile et se conserve à l’abri de la lumière, dans un flacon en verre teinté bien refermé.
Texture et sensation
Pressée à froid, l’huile de figue de Barbarie est jaune-vert, d’odeur légèrement fruitée, et décrite comme une huile « sèche » [1] : elle pénètre vite, sans laisser de film gras. L’huile d’argan est plus riche et plus enveloppante : elle reste un peu plus longtemps en surface, ce que recherchent souvent les peaux qui tiraillent. Il s’agit de descriptions sensorielles, pas de promesses d’effet.
Visage, cheveux, corps : quels usages ?
Visage
Les deux s’emploient au visage. La figue de Barbarie, fluide, se dose à la goutte : quelques gouttes le soir sur une peau propre, ou au roll-on sur le contour des yeux. Le geste est détaillé dans notre guide visage. L’argan, plus nourrissante au toucher, convient bien aux peaux sèches, le jour comme le soir.
Cheveux
Aucune étude n’a été trouvée sur la figue de Barbarie et les cheveux : une goutte sur les pointes sèches, en soin de finition, suffit. Plus enveloppante et bien moins chère, l’argan se prête mieux à une application généreuse sur les longueurs.
Corps
Pour de grandes surfaces, l’écart de prix tranche la question : l’argan est l’option raisonnable. La figue de Barbarie se garde plutôt pour des zones ciblées comme le cou, le décolleté, les mains, les ongles et les cuticules, ou les lèvres.
Quel type de peau pour quelle huile ?
La littérature associe un profil riche en acide linoléique à la préservation de la barrière cutanée, alors que l’acide oléique libre peut la perturber [5]. Dans un essai mené sur 19 adultes, l’huile d’olive, très riche en oléique, appliquée pendant quatre semaines, a réduit l’intégrité de la couche cornée ; l’huile de tournesol, riche en linoléique, l’a préservée [6]. Deux limites : cet essai ne portait ni sur la figue de Barbarie ni sur l’argan, et l’argan est bien moins oléique que l’olive. C’est un raisonnement, pas une preuve.
En pratique :
- Peau mixte : la figue de Barbarie, plus fluide et au toucher sec, est souvent préférée.
- Peau sèche : l’argan, plus enveloppante, est souvent préférée ; la figue de Barbarie peut venir en complément le soir.
- Peau mature ou normale : les deux conviennent en soin quotidien ; c’est une affaire de goût et de budget.
Prix au litre : pourquoi un tel écart ?
Prix TTC d’huiles bio en France, relevés en octobre 2026, à titre indicatif :
- Figue de Barbarie : environ 830 à 1 500 €/L pour les huiles bio pures vendues en 15 à 30 mL ; chez BIYO, 36,90 € le flacon de 30 mL (1 230 €/L) et 22,90 € le roll-on de 15 mL (environ 1 530 €/L). Le détail est dans notre guide du prix.
- Argan : environ 140 à 200 €/L pour une huile bio vendue en 100 mL.
À qualité comparable, l’huile de figue de Barbarie coûte ainsi plusieurs fois plus cher que l’argan. L’explication tient au rendement. L’argan n’est pas une huile facile : il faut traditionnellement environ 50 kg de fruits et 24 heures de travail pour obtenir à peu près un litre d’huile [4]. Pour la figue de Barbarie, il faut entre 800 kg et une tonne de figues, soit environ 25 à 30 kg de graines séchées, pour presser environ un litre [7] : les graines sont petites et contiennent peu d’huile. En vrac, la matière première se négocie déjà autour de 600 €/L [8]. C’est l’une des huiles végétales les plus coûteuses à produire. Nous détaillons ce calcul dans notre guide sur le prix de l’huile de figue de Barbarie.
Ce que la science permet de dire
Huile d’argan : des essais chez l’humain
Des essais ont mesuré, après une application quotidienne d’huile d’argan, une amélioration de l’élasticité de la peau chez des femmes ménopausées, ainsi que de son hydratation et de sa fonction barrière [5]. C’est à mettre au crédit de l’argan.
Huile de figue de Barbarie : pas encore d’essai cutané chez l’humain
Nous n’avons trouvé aucun essai clinique mené chez l’humain sur l’huile de figue de Barbarie appliquée seule sur la peau. La revue de référence le reconnaît : les études qui démontrent son intérêt cosmétique sont « très limitées » [2]. Les rares travaux portent sur l’animal ou sur des cellules, et ne permettent aucune promesse pour la peau. Les résultats obtenus avec l’argan ne se transposent pas non plus : ce sont deux huiles différentes.
Ce que l’on peut dire honnêtement : sa composition est bien documentée [1][2][3], ses effets sur la peau humaine ne le sont pas encore. Notre guide bienfaits et composition fait le point en détail.
Peut-on les associer ?
Oui, elles se complètent :
- En alternance : l’argan le jour, la figue de Barbarie le soir, par exemple.
- En mélange : quelques gouttes de chacune dans le creux de la main, au moment de l’emploi, pour ajuster la texture à votre peau.
- Par zone : l’argan pour le corps et les cheveux, la figue de Barbarie pour le visage et le contour des yeux.
Notre verdict selon votre profil
- Vous aimez les textures légères et avez la peau mixte : la figue de Barbarie.
- Votre peau tiraille, vous voulez du confort : l’argan, avec éventuellement la figue de Barbarie le soir.
- Vous cherchez une huile pour tout le corps et les cheveux : l’argan.
- Votre budget est serré : l’argan, sans hésiter.
- Vous voulez un soin visage tracé, utilisé à la goutte : la figue de Barbarie, en flacon ou en roll-on.
En résumé : l’huile d’argan est une excellente huile polyvalente, mieux étudiée et bien plus abordable. L’huile de figue de Barbarie se choisit pour son profil dominé par l’acide linoléique et sa texture sèche, au visage, en quelques gouttes. Si vous hésitez, rien n’empêche d’avoir les deux.
Questions fréquentes
Laquelle choisir pour une peau mixte à grasse ?
La figue de Barbarie, plus fluide et au toucher sec, est souvent préférée par les peaux mixtes. C’est une question de texture, pas une promesse d’effet. Sa comédogénicité n’a jamais fait l’objet d’un test publié : commencez par une ou deux gouttes le soir et observez la réaction de votre peau.
Laquelle pour une peau mature ?
Les deux s’emploient en soin quotidien des peaux matures. L’argan dispose d’essais chez l’humain, notamment chez des femmes ménopausées [5] ; la figue de Barbarie, d’une composition riche en acide linoléique et en vitamine E, mais pas encore d’essai cutané.
Laquelle se conserve le mieux ?
L’argan, plus stable à l’oxydation [3][4]. Conservez l’huile de figue de Barbarie à l’abri de la lumière, dans son verre teinté, bouchon bien refermé. Une odeur de rance signale une huile oxydée.
Sources
- Khémiri I., Bitri L. (2019). Effectiveness of Opuntia ficus indica L. inermis seed oil in the protection and the healing of experimentally induced gastric mucosa ulcer. Oxidative Medicine and Cellular Longevity, 2019, 1568720 (cité ici uniquement pour la composition et la description de l’huile). doi.org/10.1155/2019/1568720
- Al-Naqeb G., Fiori L., Ciolli M., Aprea E. (2021). Prickly pear seed oil extraction, chemical characterization and potential health benefits. Molecules, 26(16), 5018. doi.org/10.3390/molecules26165018
- Nounah I., El Harkaoui S., Hajib A., Gharby S., Harhar H., Bouyahya A., Caprioli G., Maggi F., Matthäus B. et al. (2024). Effect of seed’s geographical origin on cactus oil physico-chemical characteristics, oxidative stability, and antioxidant activity. Food Chemistry: X, 22, 101445. doi.org/10.1016/j.fochx.2024.101445
- Gharby S., Charrouf Z. (2022). Argan oil: chemical composition, extraction process, and quality control. Frontiers in Nutrition, 8, 804587. doi.org/10.3389/fnut.2021.804587
- Lin T.-K., Zhong L., Santiago J.L. (2017). Anti-inflammatory and skin barrier repair effects of topical application of some plant oils. International Journal of Molecular Sciences, 19(1), 70. doi.org/10.3390/ijms19010070
- Danby S.G., AlEnezi T., Sultan A., Lavender T., Chittock J., Brown K., Cork M.J. (2013). Effect of olive and sunflower seed oil on the adult skin barrier: implications for neonatal skin care. Pediatric Dermatology, 30(1), 42–50. doi.org/10.1111/j.1525-1470.2012.01865.x
- Cheikhyoussef N., Cheikhyoussef A., Ramadan M.F., Hussein A.A. (2021). Opuntia spp. seed oil. In Ramadan M.F. et al. (eds.), Opuntia spp.: Chemistry, Bioactivity and Industrial Applications, Springer, pp. 635–656. doi.org/10.1007/978-3-030-78444-7_33
- El Harkaoui S., Ortiz Cruz C., Roggenland A., Schneider M., Rohn S., Drusch S., Matthäus B. (2025). Adulteration detection in cactus seed oil: integrating analytical chemistry and machine learning approaches. Current Research in Food Science, 10, 100986. doi.org/10.1016/j.crfs.2025.100986
Produit cosmétique : ces informations ne remplacent pas l’avis d’un professionnel de santé.